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20/09/2013

Rescapée (titre temporaire)

Je suis dans une chambre de motel.

Je suis assise sur un des deux lits, le regard dans le vide, fatiguée, stupéfaite. Les trois dernières années de ma vie ont été difficiles, mais qui aurait pu croire qu'aujourd'hui, je me retrouverais dans une chambre au motel.

MA chambre de motel, qui plus est. Elle est lugubre, et ca sent l'humidité. Même si les lits sont faits et les draps sont propres, la première idée qui me vient c'est que c'est davantage le genre chambre avec un tarif horaire. D'ailleurs, le distributeur dans le couloir offre une sélection variée de barre de chocolat et de condoms. Classy.

Le tapis est usé, le papier peint se soulève à trop d'endroit, il manque des lattes au store vertical. La salle de bain est à la limite de la décence. Le matelas est tellement mou que je renfonce de plusieurs pouces. Ouf ! Je préfère ne pas penser au nombre de gens qui ont du baiser sur ce lit !

Je ris. Ya pas à dire... Cette chambre manque d'amour !

Mais voilà, c'est MA chambre, et ca va être mon chez moi pour les trois prochains jours. Encore heureuse d'avoir un endroit où dormir. D'ailleurs, je suis plus que satisfaite de l'aide reçue par la Croix-Rouge. Pendant un instant, je constate l'importance de leurs actions, et je ne peux que féliciter l'équipe qui s'est occupée de nous ce matin.

Puis la réalité me rattrape. Cette chambre va être mon chez moi pour les trois prochains jours et c'est ici que je vais devoir réorganiser ma vie.

Les trois dernières années ont apporté leur lot de merde. Et aujourd'hui, je viens de passer au feu.

Mais la réorganisation va devoir attendre. Je suis tellement fatiguée.

Je m'étends sur mon lit trop mou, encore enveloppée dans ma couverte polar de rescapée. Le mieux que je peux faire maintenant c'est une sieste.